Bac


Ce bac nous portait jusqu’à l’autre rive.

L’impatience nerveuse agitait le petit drapeau blanc

sur nos têtes et le fil de terre pouvait rompre à tout instant avant

que le quai ne grossisse. J’imaginais, dans cet espace

instable,  que je rencontrerais des visages étranges

et la nouvelle terre que tu appelais, repliée sur toi-même,

nous rendrait notre légèreté – ainsi sommes-nous

lorsque nous n’appartenons pas aux lieux. Derrière nous,

l’écume tentait en vain de devenir vague, le terrain peut-être

qui sous nos pieds perdrait nos traces et nous essaimerait davantage.

A verse, n° 11.

GOUTTES : Anne-Emmanuelle Fournier, Fabrice Farre, Lysiane Rakotoson, Loïc Braunstein, Caroline Cranskens, Fanny Didelon, Benoit Sudreau, Emilien Chesnot.
MIROIRS : Anne-Emmanuelle Fournier et Barbara Albeck.
RESONNANCES : "Lever les yeux du simple langage", un entretien avec Yves Bonnefoy.
REBONDS : Camille Brunel et Benoit Sudreau.
ECLATS : Cathia Chabre/Passant l'été, de Jean-Baptiste Pedini et Laura Fredducci/Suite vénitienne, de Sophie Calle.
ONDES : Alena Meas, Loïc Braunstein, Claire Nazikian et Maxime Serpo.

Le lien vers la revue : A verse.

Vivre

La terre s’étire quand passe le percheron

dans les sillons le monde ensemble se sépare

les hommes d’ici sont d’un exil à venir

Moi, je me désespère de ne voir germer qu’un faisceau

de lignes noires et des bleus de travail, orphelin de terre.

Revue Alsacienne de Littérature, n° 120.

Le thème de ce beau numéro 120, à découvrir : l'invisible.
Illustrations de Jean-Marc Scanreigh.



Contributions de : Jean-Paul Sorg, Jean-Paul Gunsett, Emma Guntz, Benoît Wirrmann, Jenny Litzelmann, Pierre Kretz, Marc Chaudeur, Romain Collot, Jean-Marie Scanreigh, Jacques Goorma, Alain Fabre-Catalan, Fabrice Farre, Alain Hélissen, Karlheinz Kluge, Sylvie Le Scouarnec, Anne-Marie Soulier, Kza Han, Michèle Finck, Eva-Maria Berg, Yves-Jacques Bouin, Germain Roesz, Jean-Pierre Verheggen, François Urban-Menninger, Jean-Claude Walter, Maryse Staiber, Laurent Bayart,Martine Blanché, Taja Kramberger, Aline Martin, Gerda Mucker-Frimmel, Sylvie Durbec, Muriel Stuckel, Claudine Bohi, Adrien Finck, Sylvie Reff, Michael Benaglio, Caroline Guth, Pierre Zehnacker, Pierre Alp, Irmhild Oberthür, Daniel Martinez, Isabelle Lévesque, Guillaume Decourt, Yves Leclair, Claudia Scherer, Claude Vancour et Marc Dumas.
 

Le Microbe n° 80, est arrivé.

 
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Peter Bakowski, Marc Bonetto, Emmanuel Campo, Karim Cornali, Jean-Marc Couvé, Eric Dejaeger, Georges Elliautou, Fabrice Farre, Georges Friedenkraft, Cathy Garcia, Ludovic Joce, Seaborn Jones, Jean Klépal, Dr Lichic, Lucas Ottin et Raymond  Penblanc.

Illustrations : Jean-Marc Couvé.
 

Lien vers la revue : Ici


Levure littéraire, n° 8...




Pour ce numéro 8 : quel sommaire!
Il donne le vertige. On peut lire, voir et entendre. La langue pratiquée est celle de l'accord (parfait)...
Un grand merci à Rodica Draghincescu et à celles et ceux qui l'entourent.
 
 
Le lien est Ici.

Video : CLIC.

Revue Lélixire, n° 6 - Editions Robin


Un hommage à Guillevic, suivi d'un "Tête à tête" avec Jean-Baptiste Pedini. On peut retrouver dans ce numéro : S. Davin, Olivier Massé, Kévin Petroni, F. Farre, LR. Barbaux, V. Bélenger, J-M Tartayre, J. Sceaux, C. Hester, L. Delis, E. Pisonero, D. Birnbaum, S-P Prat, Elydé et Gabryel, M. Roy, S. Simonneau, G. Lejard, Zerkalo et le petit dernier, J. de la Fontaine.

Le lien vers l'éditeur : un petit clic...

Ecrit(s) du Nord, 23-24


Échanges entre Max Alhau et Jean-Louis Rambour, Bernard Bourel et Arlette Chaumorcel, Judith Chavanne et Jean-Marc Sourdillon, Christian Degoutte et Anna Jouy, Pierre Dhainaut et Sylvie Fabre G., Rémi Faye et Werner Lambersy, Romain Fustier et Cécile Glasman, Luce Guilbaud et Marie Huot, Cécile Guivarch et Amandine Marembert, Gilles de Obaldia et Jean-Christophe Ribeyre, Étienne Paulin et Jean-Baptiste Pedini, Carmen et Marie V.
Poèmes de :  Denitza Bantcheva, Catherine Boudet, Daniel Brochard, Marie-Anne Bruch, Henri Chevignard, Colette Daviles-Estinès, Jean-Jacques Dorio, Rocio Duran-Barba, Yves Ellien, Fabrice Farre, Hubert Fréalle, Nicolas Gille, Matthieu Hilfiger, Kiko, Martine-Gabrielle Konorski, Michel Lamart, Christophe Laventure, Jean-Luc Le Cléac'h, Fanny Lermin, Georges Mathieu de la Serve, Hervé Merlot, Yann Mirallès, Martine Morillon-Carreau, Gauthier Nabavian, Sabine Normand, Patricia Paul, Jean-Baptiste Pedini, Franck Reinnaz, Nicolas Rouzet, Ketty Steward, Jasmine Viguier, Patrick Werstink,
Nouvelles et récits de Vincent Brunel, Françoise Caillaux, Rodolphe Houllé, Constantin Kaïtéris, Laurence Paton.
couverture : Isabelle Clement

Le lien : c'est ICI .

Matière


Il serait possible d’y entrer,
en parcourant la veine jamais éteinte,

franchir la simple contrainte,

gagner au cœur du bois et
se fondre pour ainsi dire ne jamais exister.





Mais tout est insuffisant et l’écart trop grand.


Couture


Puis revenait comme un éclat

de voix cet après-midi dur qui

passait par la fenêtre

pauvre. Ta main ouvrière

œuvrait au quotidien couturier.

Les gens qui venaient se laissaient

évaluer sous ton mètre. Tu

mesurais donc les vivants et les coups

de craie donnaient une preuve

supplémentaire au salaire routinier.

Quant à moi, je râlais trop souvent

croyant avoir pour simple patron cette

ombre seule sur le bois de la table

où nous mangeons silencieux

avec les autres qui viendront.

Résonance générale, n° 6

 
Au sommaire : Antoine Emaz, Fabrice Farre, Lola Nicolle, Alice Popieul, Bernard Vargaftig, Jean-Paul Woodall, Laura Vazquez et Valérie Michel.
Pour tout abonnement (ou info) : c'est ICI.


Fenêtre


Par la fenêtre passent les routes :
ainsi retenues, elles volent jusqu’à toi.
Elles sont d’un ciel supposé
où l’on va sans lever le regard,
comme si l’idée d’être à tes côtés
revenait à ne prendre de l’évidence
que le chemin le plus ordinaire,
c’est-à-dire celui qui espère
sans jamais toucher terre.
 

La chanson du marin


Les bateaux rendent
l’eau de mer âpre
et le vent de sel
charrie la voix de métal
des cordes contre les mâts.

Un bleu de plus
vient grossir le quai plus noir.

Sur la terre, nous tenons
mais elle nous ignore. C’est
nous qui dansons, sur l’écume
nous lisons nos destins.

Microbe, n° 79

 


Ce numéro 79 a été piloté par Jean-Jacques Nuel, illustré par Nicole Vidal-Chich.

Au sommaire, on trouvera : Stéphane Beau, Christian Chavassieux, Christian Cottet-Emard, Roland Counard, Grégoire Damon, Bernard Deglet, Christian Degoutte, Fabrice Farre, Jean-Marc Flahaut, Alain Helissen, Frédérick Houdaer, Hervé Merlot, Paola Pigani, Stéphane Prat, Pascal Pratz et Marlène Tissot.

« Modèles réduits », Mi(ni)crobe 41, accompagne ce numéro 79 dont le pilote est, cette fois, l’auteur.

De la blanche à la noire


 

(d’après le tableau de F. E Vallotton « La femme blanche et la noire », 1913).

 

C’est la chanson – de quelques notes distinctes, longues  ou courtes – qui traverse l’air comme un boa bosselé, celle qui atteint le bleu jusqu’à son engourdissement alors que les corps se penchent et que la canne rompt tout à coup. Dans ma case toute resserrée et près de toi, ce sont deux mondes qui ne fondent pas comme le sucre à venir. Il en faut du souffle pour raser les terres. Le tien est bien plus facile pendant que tu dors et que je veille à ta blancheur, à ton sexe par où je voudrais passer et qui se ferme comme une lèvre noire. Par où, par où pourrais-je aller pour trouver ton noir de sommeil, celui qui persiste dans mon esprit et qui te retournerait comme un gant dont les doigts seraient à l’œuvre rouge pendant que je t’observerais. Ce n’est pas mon Dieu qui t’a peinte ou alors était-il aveugle. Pourquoi donc est-ce la lumière qui te découvre et pourquoi est-ce avec elle que je te trouve ainsi abandonnée, laide dans le blanc — mais le blanc peut-il être aveugle si je ferme les yeux. J’en voudrais au peintre, avec les mots de colère du contremaître ou de nos tambours sombres. J’en voudrais à ceux pour lesquels la peau du tableau est aussi réelle que de rester ainsi, comme moi, à observer le silence de cette couleur qui, comme la mienne, n’en est pas une.

Honte


Nous courons nous cacher
tant nous sommes imparfaits.

 

Entre les lacets de nos chaussures
le cuir aux yeux noirs ondule et

la honte vient l’ourler. Claque et bout
ne reflètent pas le monde, ou alors

n’est-il que la boue où l’on piétine.
Les yeux fixés vers le bas, repliés sur nous

faute de ne pouvoir être plus petits,
nous sommes de ce visage intérieur

les grains de laideur.

Gelée rouge, n°2

Août 2013 : parution du second numéro de Séverine Castelant, sur le thème de l'instant.

Sommaire copieux : ici





Citerne

Il y a peut-être dans le silence

la goutte d'une chute régulière,

de celle de l'horloge invisible

qui ne compte et ne résonne

que dans la citerne

touchée par la transparence



Vocatif, la revue...

Le dernier numéro niçois (le 22)  paraissait au printemps 1993. Vingt ans plus tard, la revue renaît de ses cendres, sous la direction de Monique Marta.

Pour l'été 2013, les textes choisis sont de : Anne Bernasconi, Julien Combes, Roland Dauxois, Rémy Demarquet, Patrick Devaux, Fabrice Farre, Danièle Faugeras, Monique Marta, Mistophorie, Alan Pelhon, Sylvie Salzmann, Federica Sciandivasci, Paul Steiger et Jérôme Villedieu.
 
Découvrir VOCATIF :  c'est par ICI.
 
 

Les carnets d'Eucharis, n°38

Avec les dramagraphies de Michel Lagarde et les photographies  de Nathalie Riera.

Noémie Parant, Dante Alighieri, Michael Palmer, Etienne Faure (Champ Vallon), Mathilde Roux (Publie.net), Silvia Harri (Recours au Poème), Mario Meléndez, Fabrice Farre, Anne-Emmanuelle Fournier et Paul Celan.



 


Lectures et portraits : "L'esprit grec anime les peintures de René Seyssaud", par Claude Darras; Paysages d'été, de Nathalie Riera, par Richard Skryzak; Avant-taire, de Jacques Demarcq, par Tristan Horde; Ce qui, la nuit, d'Emeric de Monteynard, par Nathalie Cousin; Bestiaire minuscule, de Jean-Claude Tardif, par Jean-Marc Couvé.
Numéro spécial avec Jean-Marc Couvé, par Nathalie Riera.
La Revue Arpa, 106-107 (avril 2013).
                                                                  

Souscription à la revue papier n°2.

Bois


Nous rentrions vite
pour l’écouter frôler les cordes
avec ses mains magiques
et le bois de la guitare tout aussi grave.
Nous ne pouvions vivre davantage
dans nos petits corps pris dans la rosace du bois
de la maison, au bas de la rue de l’enfance.

Paysages écrits, n° 16

Par Sanda Voïca et Samuel Dudouit :

Sur le blog de S. Voïca : ICI

Avec Thifaine Rault, France Burghelle Rey, Cécile Odartchenko, Aureline Roy, Laurent Fourcaut, Noémie Parant, Bernard Chevalier, Sohrab Sepehri, Alain Marc, Lydia Padellec, Baptiste Cogitore, Christophe Brégaint, Catherine Pomparat, Fabrice Farre, Samuel Dudouit, Charis Melitas, Anael Chadli, Paolo Pavan, Raymond Penblanc, Gérard Leyzieux, Daniel Leduc, Christiane Anziani, Jean-Claude Tardif, Sanda Voïca, Valéry Poulet, Marina Nicolaev, Vojka Milovanovic, Hourieh Stier et Kieran Wall.

Fil


Tu sauras que je pense à toi

que je t’écris sans même rédiger

une seule ligne de vie

à chaque pouls ressenti, jusqu’aux dernières

capillarités du monde, tu m’entendras de l’intérieur

Sort


Notre sort est semblable à ce fil
qui ne cède jamais et continue
tendu sans nous. Je n’en connais
pas la matière, ni le début ni la fin.
A trop chercher, nos miettes tomberaient
dans l’oubli, en dessous du sort.
 

Comme ça


Azyme ou à chanter

le pain, nous le volons

chaque jour sous la table

de la miséreuse condition,

à nous étonner de la moindre

poussière de lumière, de la plus

haute croûte qui nous blesse.

Chaque jour a ce goût

de messe tremblante

au pied d’une question

qui a couleur de Christ.


Histoire de rien

Je m’en remets aux
blessures de mes chaussures.
Avoir tant marché et n’avoir
jamais quitté les rues. Avoir été
sans possession ni devenir
d’un ADN propice à l’usure
comme mes lacets.
Je suis d’un cuir dur, cependant, jamais
de ce simili plissé qui
exprime à lui seul la difficulté
d’être à plat, la facilité à me taire.


Paru initialement dans "Le florilège" de soc & foc.

Le Journal des Poètes

Trimestriel poétique - Avril/Mai/Juin 2013, n° 2. Rédacteur en chef : Jean-Luc Wauthier.
Organe officiel de la Maison Internationale de la Poésie - Arthur Haulot.

Dossier : "Singapour, terre de poésie (II)".
Lathaa Kanagalatha - Chandran Nair - Toh Hsien Min - Edwin Thumboo - Mohamed Latiff - Zou Lu.
 
Coup de coeur : "Gaspard Hons - Petites proses matinales", par Jean-Marie Corbusier.
 
"Fernand Verhesen aurait eu 100 ans."
Par Jean-Marie Corbusier, Rose-Marie François et Jacques Sojcher.
 
"A livre ouvert".
François Perche et Jean-Vincent Verdonnet/ Philippe Mathy - Jean Chatard et Nicole Drano-Stamberg/André Doms - Ernst Jandl/Jean-Marie Corbusier - Patricia Keeney/Michèle Duclos - Pierre Puttemans/Lucien Noullez.

"Paroles en archipel".
Bobby Rogers - Fabrice Farre - Emilio Coco - Maciek Fronski - Jean-Pierre Parra - Ronnie Scharfman.

"Poésie-panorama", par Philippe Leuckx et "Chronique des revues", par Yves Namur.

Magnolias


Entendre dans les lignes le dialogue

des blancs infimes, la fugue

du cœur où l’abeille somnambule

porte encore des sacs de soleil.

Fleur rare, énigme inquiète

du silence sur le velours du pétale,

parfum sonore lorsque l’insecte disparaît.



Pour découvrir la revue : ICI.

« La mélodie rugueuse - ou autre dissonance » (Le Chat Qui Louche).

Un petit recueil (en prose, mais oui), regroupant une soixantaine de textes aussi étranges (ou absurdes) les uns que les autres. Il y a un peu du quotidien, mais de celui que l'on ne voit qu'une fois écrit. L'évidence-même, me dira-t-on ...
Un exemple ci-dessous,  le texte Loi, initialement publié en vers libres dans "Microbe" d'Eric Dejaeger.



Un petit clic pour un grand choc

" C’est comme Sisyphe ou l’insecte qui après sa chute remonte sans fin. Hier, je faisais une journée qui avait bien plus de vingt-quatre heures. Je m’acharnais et je suais, motivé que mon corps s’exprime lui aussi. Tu m’ignorais dans mon travail et j’ai songé que je recommencerais le lendemain. On a tous un peu de l’absurde manœuvre en soi. On mourrait au travail d’exister ".






Attendre


Tu franchissais plus rapide que la lumière le mur du silence au delà de ce son monotone où la plume est lourde et la parole un fardeau. Particule lumineuse, contrant la physique, tu ne pris jamais aucun mot, le léger étant nécessaire et l’indifférence incontournable pour mesurer le poids de chaque moment ou l’étalon de l’existence galopante.

Paru dans Les Cahiers de la rue Ventura, n°20, p.31. Pour plus de détails : ici.

Place de la Sorbonne, n° 3

Revue internationale de poésie de Paris Sorbonne, éditions du relief. 260 pages.

COMITE : Eva Almassy- Gérard Berthomieu - Danièle Chauvin - Laurent Fourcaut - Catherine Fromilhague - Joëlle Gardes - Christiane Herth - Jeanne-Antide Huynh - Pierre Maubé - Yann Migoubert - Jean-Michel Platier - Michel Viel et Matthias Vincenot.


Jean-Pierre Siméon (invité) - Dominique Fourcade (entretien).
Poésie française : Marie Hélène Archambeaud, François Ardeven, Malou Boisson, Lionel Bourg, Gérard Cartier, Roland Dauxois, Laurent Demoulin, Pierre Drogi, Fabrice Farre, Marc Fontana, Dominique Grandmont, Lionel Jung-Allégret, Bronwyn Louw, Régis Macle, Philippe Mathy, Alexis Pelletier, Christian Prigent, James Sacré, Arnaud Talhouarn, Manon Thiery, Yannick Torlini, Thomas Vinau, Vincent Zonca.
Langues du monde : Kéva Apostolova, Istvan Kemény, Karen Mac Cormack, Rosanna Warren.
Contrepoints : Manuel Torres, Christiane Herth.
Vis-à-vis : Bernard Vargaftig, Catherine Fromilhague.
Confrontations : Michel Deguy.
De l'autre côté du miroir : Henri Bauchau, Jacques Dupin, Jean l'Anselme, Bernard Mazo.

Lien : ICI.
 

Les tas de mots, n°12.


Sélection des textes : Alain Leylavergne, Morgan Riet, Georges et Chantal Godé.

Sommaire : J. ALLEMAND, C. BERNARD, O. BILLOTTET, D. BIRNBAUM, C. BRUNA, J-M CADOR, M. CAMPBELL, J. CEAUX, D. COLLIN, G. DECOURT, M. EL AMRAOUI, F. FARRE, C. GODE-VICTOR, D. HIRSON, L. JOCE, P. LANGDA, O. LE LOHE, A. LEYLAVERGNE, M. LEROUX, V. MOTARD-AVARGUES, J-J. NUEL, A. OUEHBI, L. PADELLEC, M. RIET, G. SIAUDEAU, C. TRONCO et S. VOÏCA.
 
 
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Monde


Je sais que je viens du monde
pour avoir porté mille fois
ce tas de branches qui ne sert
qu’un instant. Lorsque le froid
glapit aux petites portes, invisible.
A l’intérieur, sans bouger,
seule l’idée de devoir retourner chercher
les arbres me remplit de cette science
dont je sais que je viens du monde.

Revue Alsacienne de Littérature, n°119

Le comité de cette superbe revue semestrielle :

Laurent Bayart, Alain Fabre-Catalan, Jacques Goorma, Gaston Jung, Paul Schwartz, Anne-Marie Soulier, Maryse Staiber, Marie Thérèse Wackenheim, Jean-Claude Walter, Patrick Werly.



Un sommaire copieux. 152 pages.

Parmi les auteurs ayant contribué au dossier FÊTES, l'on trouve :

Anne-Marie  SOULIER,  Rémy VALLEJO,  Fabrice FARRE, Gabrielle ALTHEN, Eva-Maria BERG Emma GUNTZ, Jacques GOORMA, Alain FABRE-CATALAN, Jean-Paul GUNSETT, Wendelinus WURTH, Torild Wardenaer, Jacques TORNAY, Jean-Claude WALTER, Karlheinz KLUGE, Liliane BERTOLINI, Marie-Jeanne LANGROGNET, Jean-Christophe MEYER , Hans-Guido KLINKNER, Gisèle ARGAUD, Laurent BAYART, Erik VACQUIER- NEMORIN.

Pour plus d'informations, le lien c'est ICI...

Ta voix seulement...


Ta voix seulement
les allées borgnes, les parcs
fixés au ciel, sur la terre
ta voix. La robe
des arbres blancs dans
le souvenir. Que fait
ce qui a pour habitude
de passer entre les branches
et d’ignorer
ta voix plus vaste
que ce modique point d’attente.

Avec Möbius



Fais le calcul à l’aide de la formule
qui donne la surface d’une aire

où tu te promènes et constates

qu’il n’y a qu’une face, dans le nœud
de l’attente. La mathématique

est désarmante et te laisse seul sur le bord.


Le ruban de l'attente (vaine), expliqué Ici.

Il y a...



Laisse donc parler le puits
par où reviennent ceux qui ont un langage

dans le reflet si tu le vois
dans le noir.

Il y a ce corps inepte à tout regret
une image flottée – peut-être

ton visage si tu te penches davantage
pour voir. Certes, l’eau grossit les traits

de la figure des choses


Leçons


1.

Il a plu, mais à l’intérieur la vie n’ a pas cessé, avec ses devoirs d’école et de famille et l’oiseau jaune qui siffle toujours un été.

Il doit faire froid, derrière les carreaux, juste devant le chaud de la vie qui s’ébroue comme un jeune animal qui nous est donné d’attraper si nous renonçons à nous-mêmes.

 

2.

Un temps, l’existence a été sur le point de rompre tant elle a rétréci. Sur elle se sont posées des formes que l’œil ne percevait jamais comme des oiseaux. Ou alors, elles avaient la couleur du corps étroit par lequel nous passâmes, étirés par les faits et gestes d’un seul jour tenu par la douleur. Ou alors, elle avaient l’allure de nos volontés migratrices qui d’un coup survolaient quelque détroit décidément sans profil.

 

Bonheur


Tu es sur le point d’avaler,

consentante, ce petit bonbon rond

fabriqué dans les laboratoires sis à la frontière

du bonheur. Les effets secondaires sont inconnus,

la posologie d’une prose pour érudits : tous ces

maux dont tu souffres pendant que tu cherches

à enfoncer davantage cette écharde dans un corps

encore rempli d’incertitudes.  

Patience manuelle


La patience a une heure d’avance
ta main est dans ma main
dix petites collines à la barrière

fondent sur l’horizon grand

comme un mouchoir. Nous prenons

ainsi notre destin. En avance

sur le monde petit

qui s’agite nous nous retrouvons

et nous marchons moins vite

qu’au temps où il fallait courir

ralentis par une crise en sursaut

sur le terrain accidenté de nos

dix petites collines.
 

Dérive



J’ai la mer à l’intérieur – un raz
éloigne ma dernière lanterne. Il est

aussi monstrueux que ce petit

bateau qui, comme une coquille de noix
évidée, s’enfonce dans des terres noires.

J’ai recours à la parole, lorsque je touche

le fond, en subtil marin de terre nauséeux qui parle
mouette et dont le polo rayé et amusé

est en train de sécher sur le fil du vent.

Fabrique


Tu me parles :

c’est le bruit

de tes talons sur

le carrelage. A chaque

rainure du sol que je

fixe par le carré de l’habitude

je dialogue avec

la nervure du dessin

issu d’une usine lointaine,

respire avec le fabriquant

haletant et reste de faïence jusqu’à

ce que cède le carreau cuit

quand tu claques la porte et

que je te suis des yeux à travers les murs.

 

A la fête



Par ici, on rit beaucoup — on se passerait

bien de parler des défunts

que furent ces jours chichement passés.

L’allumette nous mesure, la dernière cigarette

aussi, le Petit Bleu que je n’ai jamais goûté

pourrait bien être le dernier péché, par-dessus

les garde-corps : il tient dans un verre

et ne donne qu’un degré restreint du vertige

provoqué par l’idée que l’existence soit arrachée à la terre.

Rebours



Quand on secoue

la petite boîte bleue

un poids bouge en elle :

elle sonne. Nous sommes

morts dans cette vie-là,

n’est-ce pas. Nous vivons

aujourd’hui dans cette autre.

Cela résonne comme l’oubli

au risque de ne plus avoir

de mémoire du tout,

d’aller découvrir le poids et

d’ignorer la boîte et sa couleur.

 

Deux heures



La nuit au goutte à goutte

(il ne pleut ici que des étoiles)

le cœur du métronome

et une joie qui vient ronronner.

 

Dans mes mots j’avais choisi un jour

je t’aime et tout autre vocabulaire

félin fuyant maintenant jusqu’au fond

de la ville sous les petites lumières.

 
Ce soir, je suis là-bas

un instant, dans les mouvements

les voix et les rires des gens. Il est tard.

De ma terrasse sur les toits de zinc

je ne sais quelle heure choisir.

Facile



Il serait tellement facile

de te retrouver dans ce lieu

qui ne tient qu’au hasard.

C’est sans doute l’endroit

que j’imagine mais qui

n’existe guère. Pour le nommer

il me faudrait connaître

la géographie soudaine qui revient

à celui qui sait s’orienter sans jamais douter.

Ainsi, l’idée de te revoir attise

le désir d’une appartenance, le feu

d’un fantasme à la mesure de ma désorientation,

la cendre d’une banale rencontre à la mesure

de qui n’écrit pas s’il sait où aller quand il veut.

 

Lessive


Les pommes sur ton foulard
l’impression de revenir de ne voir
cet ocre qu’à l’occasion d’un été chaud
les voix dans les feuilles diffuses les pas
jusqu’à soi ; l’automne est dans l’été
et le foulard pendu à ton cou
se pend sur le fil à linge dont je me sers
comme ligne de conduite au-dessus du vide
des HLM plus hautes aujourd’hui qu’hier



Taylorisme



La chanson de mon usine

raconte que le ciel

n’existe que le samedi ou le dimanche

elle dit aussi

que les campagnes sont bonnes

à prendre pour y rêver

dans la mécanique horlogère de l’oubli

qui fait l’automate


Vivre



La terre s’étire quand passe le percheron

dans les sillons le monde ensemble se sépare

les hommes d’ici sont d’un exil à venir

Moi je me désespère de ne voir germer qu’un faisceau

de lignes noires et des bleus de travail, orphelin de terre