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Affichage des articles du 2013

Bac

Ce bac nous portait jusqu’à l’autre rive.
L’impatience nerveuse agitait le petit drapeau blanc
sur nos têtes et le fil de terre pouvait rompre à tout instant avant
que le quai ne grossisse. J’imaginais, dans cet espace
instable, que je rencontrerais des visages étranges
et la nouvelle terre que tu appelais, repliée sur toi-même,
nous rendrait notre légèreté – ainsi sommes-nous
lorsque nous n’appartenons pas aux lieux. Derrière nous,
l’écume tentait en vain de devenir vague, le terrain peut-être
qui sous nos pieds perdrait nos traces et nous essaimerait davantage.

A verse, n° 11.

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GOUTTES : Anne-Emmanuelle Fournier, Fabrice Farre, Lysiane Rakotoson, Loïc Braunstein, Caroline Cranskens, Fanny Didelon, Benoit Sudreau, Emilien Chesnot.
MIROIRS : Anne-Emmanuelle Fournier et Barbara Albeck.
RESONNANCES : "Lever les yeux du simple langage", un entretien avec Yves Bonnefoy.
REBONDS : Camille Brunel et Benoit Sudreau.
ECLATS : Cathia Chabre/Passant l'été, de Jean-Baptiste Pedini et Laura Fredducci/Suite vénitienne, de Sophie Calle.
ONDES : Alena Meas, Loïc Braunstein, Claire Nazikian et Maxime Serpo.

Le lien vers la revue : A verse.

Vivre

La terre s’étire quand passe le percheron

dans les sillons le monde ensemble se sépare

les hommes d’ici sont d’un exil à venir

Moi, je me désespère de ne voir germer qu’un faisceau

de lignes noires et des bleus de travail, orphelin de terre.

Revue Alsacienne de Littérature, n° 120.

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Le thème de ce beau numéro 120, à découvrir : l'invisible.
Illustrations de Jean-Marc Scanreigh.



Contributions de : Jean-Paul Sorg, Jean-Paul Gunsett, Emma Guntz, Benoît Wirrmann, Jenny Litzelmann, Pierre Kretz, Marc Chaudeur, Romain Collot, Jean-Marie Scanreigh, Jacques Goorma, Alain Fabre-Catalan, Fabrice Farre, Alain Hélissen, Karlheinz Kluge, Sylvie Le Scouarnec, Anne-Marie Soulier, Kza Han, Michèle Finck, Eva-Maria Berg, Yves-Jacques Bouin, Germain Roesz, Jean-Pierre Verheggen, François Urban-Menninger, Jean-Claude Walter, Maryse Staiber, Laurent Bayart,Martine Blanché, Taja Kramberger, Aline Martin, Gerda Mucker-Frimmel, Sylvie Durbec, Muriel Stuckel, Claudine Bohi, Adrien Finck, Sylvie Reff, Michael Benaglio, Caroline Guth, Pierre Zehnacker, Pierre Alp, Irmhild Oberthür, Daniel Martinez, Isabelle Lévesque, Guillaume Decourt, Yves Leclair, Claudia Scherer, Claude Vancour et Marc Dumas.

Le lien... 

Le Microbe n° 80, est arrivé.

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__________________________________________________________________________  Peter Bakowski, Marc Bonetto, Emmanuel Campo, Karim Cornali, Jean-Marc Couvé, Eric Dejaeger, Georges Elliautou, Fabrice Farre, Georges Friedenkraft, Cathy Garcia, Ludovic Joce, Seaborn Jones, Jean Klépal, Dr Lichic, Lucas Ottin et Raymond  Penblanc.  Illustrations : Jean-Marc Couvé.
Lien vers la revue : Ici

Levure littéraire, n° 8...

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Pour ce numéro 8 : quel sommaire!
Il donne le vertige. On peut lire, voir et entendre. La langue pratiquée est celle de l'accord (parfait)...
Un grand merci à Rodica Draghincescu et à celles et ceux qui l'entourent. Le lien est Ici.

Video :CLIC.

Revue Lélixire, n° 6 - Editions Robin

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Un hommage à Guillevic, suivi d'un "Tête à tête" avec Jean-Baptiste Pedini. On peut retrouver dans ce numéro : S. Davin, Olivier Massé, Kévin Petroni, F. Farre, LR. Barbaux, V. Bélenger, J-M Tartayre, J. Sceaux, C. Hester, L. Delis, E. Pisonero, D. Birnbaum, S-P Prat, Elydé et Gabryel, M. Roy, S. Simonneau, G. Lejard, Zerkalo et le petit dernier, J. de la Fontaine.
Le lien vers l'éditeur : un petit clic...

Ecrit(s) du Nord, 23-24

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Échanges entre Max Alhau et Jean-Louis Rambour, Bernard Bourel et Arlette Chaumorcel, Judith Chavanne et Jean-Marc Sourdillon, Christian Degoutte et Anna Jouy, Pierre Dhainaut et Sylvie Fabre G., Rémi Faye et Werner Lambersy, Romain Fustier et Cécile Glasman, Luce Guilbaud et Marie Huot, Cécile Guivarch et Amandine Marembert, Gilles de Obaldia et Jean-Christophe Ribeyre, Étienne Paulin et Jean-Baptiste Pedini, Carmen et Marie V.
Poèmes de :  Denitza Bantcheva, Catherine Boudet, Daniel Brochard, Marie-Anne Bruch, Henri Chevignard, Colette Daviles-Estinès, Jean-Jacques Dorio, Rocio Duran-Barba, Yves Ellien, Fabrice Farre, Hubert Fréalle, Nicolas Gille, Matthieu Hilfiger, Kiko, Martine-Gabrielle Konorski, Michel Lamart, Christophe Laventure, Jean-Luc Le Cléac'h, Fanny Lermin, Georges Mathieu de la Serve, Hervé Merlot, Yann Mirallès, Martine Morillon-Carreau, Gauthier Nabavian, Sabine Normand, Patricia Paul, Jean-Baptiste Pedini, Franck Reinnaz, Nicolas Rouzet, Ketty Steward, Jasmin…

Matière

Il serait possible d’y entrer, en parcourant la veine jamais éteinte,

franchir la simple contrainte,

gagner au cœur du bois et se fondre pour ainsi dire ne jamais exister.





Mais tout est insuffisant et l’écart trop grand.

Couture

Puis revenait comme un éclat
de voix cet après-midi dur qui
passait par la fenêtre
pauvre. Ta main ouvrière
œuvrait au quotidien couturier.
Les gens qui venaient se laissaient
évaluer sous ton mètre. Tu
mesurais donc les vivants et les coups
de craie donnaient une preuve
supplémentaire au salaire routinier.
Quant à moi, je râlais trop souvent
croyant avoir pour simple patron cette
ombre seule sur le bois de la table
où nous mangeons silencieux
avec les autres qui viendront.

Résonance générale, n° 6

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Au sommaire : Antoine Emaz, Fabrice Farre, Lola Nicolle, Alice Popieul, Bernard Vargaftig, Jean-Paul Woodall, Laura Vazquez et Valérie Michel. Pour tout abonnement (ou info) : c'est ICI. 

Fenêtre

Par la fenêtre passent les routes : ainsi retenues, elles volent jusqu’à toi. Elles sont d’un ciel supposé où l’on va sans lever le regard, comme si l’idée d’être à tes côtés revenait à ne prendre de l’évidence que le chemin le plus ordinaire, c’est-à-dire celui qui espère sans jamais toucher terre.

La chanson du marin

Les bateaux rendent
l’eau de mer âpre
et le vent de sel
charrie la voix de métal
des cordes contre les mâts.
Un bleu de plus
vient grossir le quai plus noir.
Sur la terre, nous tenons
mais elle nous ignore. C’est
nous qui dansons, sur l’écume
nous lisons nos destins.

Microbe, n° 79

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Ce numéro 79 a été piloté par Jean-Jacques Nuel, illustré par Nicole Vidal-Chich.
Au sommaire, on trouvera : Stéphane Beau, Christian Chavassieux, Christian Cottet-Emard, Roland Counard, Grégoire Damon, Bernard Deglet, Christian Degoutte, Fabrice Farre, Jean-Marc Flahaut, Alain Helissen, Frédérick Houdaer, Hervé Merlot, Paola Pigani, Stéphane Prat, Pascal Pratz et Marlène Tissot.
« Modèles réduits », Mi(ni)crobe 41, accompagne ce numéro 79 dont le pilote est, cette fois, l’auteur.

De la blanche à la noire

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(d’après le tableau de F. E Vallotton « La femme blanche et la noire », 1913).


C’est la chanson – de quelques notes distinctes, longuesou courtes – qui traverse l’air comme un boa bosselé, celle qui atteint le bleu jusqu’à son engourdissement alors que les corps se penchent et que la canne rompt tout à coup. Dans ma case toute resserrée et près de toi, ce sont deux mondes qui ne fondent pas comme le sucre à venir. Il en faut du souffle pour raser les terres. Le tien est bien plus facile pendant que tu dors et que je veille à ta blancheur, à ton sexe par où je voudrais passer et qui se ferme comme une lèvre noire. Par où, par où pourrais-je aller pour trouver ton noir de sommeil, celui qui persiste dans mon esprit et qui te retournerait comme un gant dont les doigts seraient à l’œuvre rouge pendant que je t’observerais. Ce n’est pas mon Dieu qui t’a peinte ou alors était-il aveugle. Pourquoi donc est-ce la lumière qui te découvre et pourquoi est-ce avec elle que je te trouve ainsi aband…

Honte

Nous courons nous cacher tant nous sommes imparfaits.


Entre les lacets de nos chaussures le cuir aux yeux noirs ondule et

la honte vient l’ourler. Claque et bout ne reflètent pas le monde, ou alors

n’est-il que la boue où l’on piétine. Les yeux fixés vers le bas, repliés sur nous

faute de ne pouvoir être plus petits, nous sommes de ce visage intérieur

les grains de laideur.

Gelée rouge, n°2

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Août 2013 : parution du second numéro de Séverine Castelant, sur le thème de l'instant.

Sommaire copieux : ici


 

Citerne

Il y a peut-être dans le silence la goutte d'une chute régulière, de celle de l'horloge invisible qui ne compte et ne résonne que dans la citerne touchée par la transparence

Vocatif, la revue...

Le dernier numéro niçois (le 22)  paraissait au printemps 1993. Vingt ans plus tard, la revue renaît de ses cendres, sous la direction de Monique Marta.
Pour l'été 2013, les textes choisis sont de : Anne Bernasconi, Julien Combes, Roland Dauxois, Rémy Demarquet, Patrick Devaux, Fabrice Farre, Danièle Faugeras, Monique Marta, Mistophorie, Alan Pelhon, Sylvie Salzmann, Federica Sciandivasci, Paul Steiger et Jérôme Villedieu. Découvrir VOCATIF :  c'est par ICI.

Les carnets d'Eucharis, n°38

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Avec les dramagraphies de Michel Lagarde et les photographies  de Nathalie Riera.

Noémie Parant, Dante Alighieri, Michael Palmer, Etienne Faure (Champ Vallon), Mathilde Roux (Publie.net), Silvia Harri (Recours au Poème), Mario Meléndez, Fabrice Farre, Anne-Emmanuelle Fournier et Paul Celan.




Lectures et portraits : "L'esprit grec anime les peintures de René Seyssaud", par Claude Darras; Paysages d'été,de Nathalie Riera, par Richard Skryzak; Avant-taire, de Jacques Demarcq, par Tristan Horde; Ce qui, la nuit, d'Emeric de Monteynard, par Nathalie Cousin; Bestiaire minuscule, de Jean-Claude Tardif, par Jean-Marc Couvé. Numéro spécial avec Jean-Marc Couvé, par Nathalie Riera.
La Revue Arpa, 106-107 (avril 2013).

Au format livrenumerique/CALAMEO Souscription à la revue papier n°2.

Bois

Nous rentrions vite pour l’écouter frôler les cordes avec ses mains magiques et le bois de la guitare tout aussi grave. Nous ne pouvions vivre davantage dans nos petits corps pris dans la rosace du bois de la maison, au bas de la rue de l’enfance.

Paysages écrits, n° 16

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Par Sanda Voïca et Samuel Dudouit :


Avec Thifaine Rault, France Burghelle Rey, Cécile Odartchenko, Aureline Roy, Laurent Fourcaut, Noémie Parant, Bernard Chevalier, Sohrab Sepehri, Alain Marc, Lydia Padellec, Baptiste Cogitore, Christophe Brégaint, Catherine Pomparat, Fabrice Farre, Samuel Dudouit, Charis Melitas, Anael Chadli, Paolo Pavan, Raymond Penblanc, Gérard Leyzieux, Daniel Leduc, Christiane Anziani, Jean-Claude Tardif, Sanda Voïca, Valéry Poulet, Marina Nicolaev, Vojka Milovanovic, Hourieh Stier et Kieran Wall.

Fil

Tu sauras que je pense à toi
que je t’écris sans même rédiger
une seule ligne de vie
à chaque pouls ressenti, jusqu’aux dernières
capillarités du monde, tu m’entendras de l’intérieur

Sort

Notre sort est semblable à ce fil qui ne cède jamais et continue tendu sans nous. Je n’en connais pas la matière, ni le début ni la fin. A trop chercher, nos miettes tomberaient dans l’oubli, en dessous du sort.

Incertain Regard, n° 7

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Comme ça

Azyme ou à chanter
le pain, nous le volons
chaque jour sous la table
de la miséreuse condition,
à nous étonner de la moindre
poussière de lumière, de la plus
haute croûte qui nous blesse.
Chaque jour a ce goût
de messe tremblante
au pied d’une question
qui a couleur de Christ.

Histoire de rien

Je m’en remets aux
blessures de mes chaussures.
Avoir tant marché et n’avoir
jamais quitté les rues. Avoir été
sans possession ni devenir
d’un ADN propice à l’usure
comme mes lacets.
Je suis d’un cuir dur, cependant, jamais
de ce simili plissé qui
exprime à lui seul la difficulté
d’être à plat, la facilité à me taire.


Paru initialement dans "Le florilège" de soc & foc.

Le Journal des Poètes

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Trimestriel poétique - Avril/Mai/Juin 2013, n° 2. Rédacteur en chef : Jean-Luc Wauthier.
Organe officiel de la Maison Internationale de la Poésie - Arthur Haulot.

Dossier : "Singapour, terre de poésie (II)". Lathaa Kanagalatha - Chandran Nair - Toh Hsien Min - Edwin Thumboo - Mohamed Latiff - Zou Lu. Coup de coeur : "Gaspard Hons - Petites proses matinales", par Jean-Marie Corbusier. "Fernand Verhesen aurait eu 100 ans." Par Jean-Marie Corbusier, Rose-Marie François et Jacques Sojcher. "A livre ouvert". François Perche et Jean-Vincent Verdonnet/ Philippe Mathy - Jean Chatard et Nicole Drano-Stamberg/André Doms - Ernst Jandl/Jean-Marie Corbusier - Patricia Keeney/Michèle Duclos - Pierre Puttemans/Lucien Noullez.

"Paroles en archipel". Bobby Rogers - Fabrice Farre - Emilio Coco - Maciek Fronski - Jean-Pierre Parra - Ronnie Scharfman.

"Poésie-panorama", par Philippe Leuckx et "Chronique des revues", par Yves Namur.

Magnolias

Entendre dans les lignes le dialogue
des blancs infimes, la fugue
du cœur où l’abeille somnambule
porte encore des sacs de soleil.
Fleur rare, énigme inquiète
du silence sur le velours du pétale,
parfum sonore lorsque l’insecte disparaît.


Pour découvrir la revue : ICI.

« La mélodie rugueuse - ou autre dissonance » (Le Chat Qui Louche).

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Un petit recueil (en prose, mais oui), regroupant une soixantaine de textes aussi étranges (ou absurdes) les uns que les autres. Il y a un peu du quotidien, mais de celui que l'on ne voit qu'une fois écrit. L'évidence-même, me dira-t-on ... Un exemple ci-dessous,  le texte Loi, initialement publié en vers libres dans "Microbe" d'Eric Dejaeger.



" C’est comme Sisyphe ou l’insecte qui après sa chute remonte sans fin. Hier, je faisais une journée qui avait bien plus de vingt-quatre heures. Je m’acharnais et je suais, motivé que mon corps s’exprime lui aussi. Tu m’ignorais dans mon travail et j’ai songé que je recommencerais le lendemain. On a tous un peu de l’absurde manœuvre en soi. On mourrait au travail d’exister ".





Attendre

Tu franchissais plus rapide que la lumière le mur du silence au delà de ce son monotone où la plume est lourde et la parole un fardeau. Particule lumineuse, contrant la physique, tu ne pris jamais aucun mot, le léger étant nécessaire et l’indifférence incontournable pour mesurer le poids de chaque moment ou l’étalon de l’existence galopante.
Paru dans Les Cahiers de la rue Ventura, n°20, p.31. Pour plus de détails : ici.

Place de la Sorbonne, n° 3

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Revue internationale de poésie de Paris Sorbonne, éditions du relief. 260 pages.

COMITE : Eva Almassy- Gérard Berthomieu - Danièle Chauvin - Laurent Fourcaut - Catherine Fromilhague - Joëlle Gardes - Christiane Herth - Jeanne-Antide Huynh - Pierre Maubé - Yann Migoubert - Jean-Michel Platier - Michel Viel et Matthias Vincenot.

Jean-Pierre Siméon (invité) - Dominique Fourcade (entretien). Poésie française : Marie Hélène Archambeaud, François Ardeven, Malou Boisson, Lionel Bourg, Gérard Cartier, Roland Dauxois, Laurent Demoulin, Pierre Drogi, Fabrice Farre, Marc Fontana, Dominique Grandmont, Lionel Jung-Allégret, Bronwyn Louw, Régis Macle, Philippe Mathy, Alexis Pelletier, Christian Prigent, James Sacré, Arnaud Talhouarn, Manon Thiery, Yannick Torlini, Thomas Vinau, Vincent Zonca. Langues du monde : Kéva Apostolova, Istvan Kemény, Karen Mac Cormack, Rosanna Warren. Contrepoints : Manuel Torres, Christiane Herth. Vis-à-vis : Bernard Vargaftig, Catherine Fromilhague. Confrontations : Michel De…

Les tas de mots, n°12.

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Sélection des textes : Alain Leylavergne, Morgan Riet, Georges et Chantal Godé.

Sommaire : J. ALLEMAND, C. BERNARD, O. BILLOTTET, D. BIRNBAUM, C. BRUNA, J-M CADOR, M. CAMPBELL, J. CEAUX, D. COLLIN, G. DECOURT, M. EL AMRAOUI, F. FARRE, C. GODE-VICTOR, D. HIRSON, L. JOCE, P. LANGDA, O. LE LOHE, A. LEYLAVERGNE, M. LEROUX, V. MOTARD-AVARGUES, J-J. NUEL, A. OUEHBI, L. PADELLEC, M. RIET, G. SIAUDEAU, C. TRONCO et S. VOÏCA.                  Le lien : Clic .

Monde

Je sais que je viens du monde
pour avoir porté mille fois
ce tas de branches qui ne sert
qu’un instant. Lorsque le froid
glapit aux petites portes, invisible.
A l’intérieur, sans bouger,
seule l’idée de devoir retourner chercher
les arbres me remplit de cette science
dont je sais que je viens du monde.

Revue Alsacienne de Littérature, n°119

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Le comité de cette superbe revue semestrielle :

Laurent Bayart, Alain Fabre-Catalan, Jacques Goorma, Gaston Jung, Paul Schwartz, Anne-Marie Soulier, Maryse Staiber, Marie Thérèse Wackenheim, Jean-Claude Walter, Patrick Werly.


Un sommaire copieux. 152 pages.
Parmi les auteurs ayant contribué au dossier FÊTES, l'on trouve :

Anne-Marie  SOULIER,  Rémy VALLEJO,  Fabrice FARRE, Gabrielle ALTHEN, Eva-Maria BERG Emma GUNTZ, Jacques GOORMA, Alain FABRE-CATALAN, Jean-Paul GUNSETT, Wendelinus WURTH, Torild Wardenaer, Jacques TORNAY, Jean-Claude WALTER, Karlheinz KLUGE, Liliane BERTOLINI, Marie-Jeanne LANGROGNET, Jean-Christophe MEYER , Hans-Guido KLINKNER, Gisèle ARGAUD, Laurent BAYART, Erik VACQUIER- NEMORIN.
Pour plus d'informations, le lien c'est ICI...

Ta voix seulement...

Ta voix seulement les allées borgnes, les parcs fixés au ciel, sur la terre ta voix. La robe des arbres blancs dans le souvenir. Que fait ce qui a pour habitude de passer entre les branches et d’ignorer ta voix plus vaste que ce modique point d’attente.

Avec Möbius

Fais le calcul à l’aide de la formule qui donne la surface d’une aire

où tu te promènes et constates

qu’il n’y a qu’une face, dans le nœud de l’attente. La mathématique

est désarmante et te laisse seul sur le bord.


Le ruban de l'attente (vaine), expliqué Ici.

Il y a...

Laisse donc parler le puits par où reviennent ceux qui ont un langage

dans le reflet si tu le vois dans le noir.

Il y a ce corps inepte à tout regret une image flottée – peut-être

ton visage si tu te penches davantage pour voir. Certes, l’eau grossit les traits

de la figure des choses


Leçons

1.
Il a plu, mais à l’intérieur la vie n’ a pas cessé, avec ses devoirs d’école et de famille et l’oiseau jaune qui siffle toujours un été.
Il doit faire froid, derrière les carreaux, juste devant le chaud de la vie qui s’ébroue comme un jeune animal qui nous est donné d’attraper si nous renonçons à nous-mêmes.

2.
Un temps, l’existence a été sur le point de rompre tant elle a rétréci. Sur elle se sont posées des formes que l’œil ne percevait jamais comme des oiseaux. Ou alors, elles avaient la couleur du corps étroit par lequel nous passâmes, étirés par les faits et gestes d’un seul jour tenu par la douleur. Ou alors, elle avaient l’allure de nos volontés migratrices qui d’un coup survolaient quelque détroit décidément sans profil.

Bonheur

Tu es sur le point d’avaler,
consentante, ce petit bonbon rond
fabriqué dans les laboratoires sis à la frontière
du bonheur. Les effets secondaires sont inconnus,
la posologie d’une prose pour érudits : tous ces
maux dont tu souffres pendant que tu cherches
à enfoncer davantage cette écharde dans un corps
encore rempli d’incertitudes.

Patience manuelle

La patience a une heure d’avance ta main est dans ma main dix petites collines à la barrière

fondent sur l’horizon grand

comme un mouchoir. Nous prenons

ainsi notre destin. En avance

sur le monde petit

qui s’agite nous nous retrouvons

et nous marchons moins vite

qu’au temps où il fallait courir

ralentis par une crise en sursaut

sur le terrain accidenté de nos

dix petites collines.

Dérive

J’ai la mer à l’intérieur – un raz éloigne ma dernière lanterne. Il est

aussi monstrueux que ce petit

bateau qui, comme une coquille de noix évidée, s’enfonce dans des terres noires.

J’ai recours à la parole, lorsque je touche

le fond, en subtil marin de terre nauséeux qui parle mouette et dont le polo rayé et amusé

est en train de sécher sur le fil du vent.

Fabrique

Tu me parles :

c’est le bruit
de tes talons sur
le carrelage. A chaque
rainure du sol que je
fixe par le carré de l’habitude
je dialogue avec
la nervure du dessin
issu d’une usine lointaine,
respire avec le fabriquant
haletant et reste de faïence jusqu’à
ce que cède le carreau cuit
quand tu claques la porte et
que je te suis des yeux à travers les murs.

A la fête

Par ici, on rit beaucoup — on se passerait

bien de parler des défunts

que furent ces jours chichement passés.

L’allumette nous mesure, la dernière cigarette

aussi, le Petit Bleu que je n’ai jamais goûté

pourrait bien être le dernier péché, par-dessus

les garde-corps : il tient dans un verre

et ne donne qu’un degré restreint du vertige

provoqué par l’idée que l’existence soit arrachée à la terre.

Rebours

Quand on secoue
la petite boîte bleue
un poids bouge en elle :
elle sonne. Nous sommes
morts dans cette vie-là,
n’est-ce pas. Nous vivons
aujourd’hui dans cette autre.
Cela résonne comme l’oubli
au risque de ne plus avoir
de mémoire du tout,
d’aller découvrir le poids et
d’ignorer la boîte et sa couleur.

Deux heures

La nuit au goutte à goutte

(il ne pleut ici que des étoiles)

le cœur du métronome

et une joie qui vient ronronner.



Dans mes mots j’avais choisi un jour

je t’aime et tout autre vocabulaire

félin fuyant maintenant jusqu’au fond

de la ville sous les petites lumières.


Ce soir, je suis là-bas

un instant, dans les mouvements

les voix et les rires des gens. Il est tard.

De ma terrasse sur les toits de zinc

je ne sais quelle heure choisir.

Facile

Il serait tellement facile
de te retrouver dans ce lieu
qui ne tient qu’au hasard.
C’est sans doute l’endroit
que j’imagine mais qui
n’existe guère. Pour le nommer
il me faudrait connaître
la géographie soudaine qui revient
à celui qui sait s’orienter sans jamais douter.
Ainsi, l’idée de te revoir attise
le désir d’une appartenance, le feu
d’un fantasme à la mesure de ma désorientation,
la cendre d’une banale rencontre à la mesure
de qui n’écrit pas s’il sait où aller quand il veut.

Lessive

Les pommes sur ton foulard
l’impression de revenir de ne voir
cet ocre qu’à l’occasion d’un été chaud
les voix dans les feuilles diffuses les pas
jusqu’à soi ; l’automne est dans l’été
et le foulard pendu à ton cou
se pend sur le fil à linge dont je me sers
comme ligne de conduite au-dessus du vide
des HLM plus hautes aujourd’hui qu’hier


Taylorisme

La chanson de mon usine

raconte que le ciel

n’existe que le samedi ou le dimanche

elle dit aussi

que les campagnes sont bonnes

à prendre pour y rêver

dans la mécanique horlogère de l’oubli

qui fait l’automate


Vivre

La terre s’étire quand passe le percheron

dans les sillons le monde ensemble se sépare

les hommes d’ici sont d’un exil à venir

Moi je me désespère de ne voir germer qu’un faisceau

de lignes noires et des bleus de travail, orphelin de terre