Revue Alsacienne de Littérature, n°119

Le comité de cette superbe revue semestrielle :

Laurent Bayart, Alain Fabre-Catalan, Jacques Goorma, Gaston Jung, Paul Schwartz, Anne-Marie Soulier, Maryse Staiber, Marie Thérèse Wackenheim, Jean-Claude Walter, Patrick Werly.



Un sommaire copieux. 152 pages.

Parmi les auteurs ayant contribué au dossier FÊTES, l'on trouve :

Anne-Marie  SOULIER,  Rémy VALLEJO,  Fabrice FARRE, Gabrielle ALTHEN, Eva-Maria BERG Emma GUNTZ, Jacques GOORMA, Alain FABRE-CATALAN, Jean-Paul GUNSETT, Wendelinus WURTH, Torild Wardenaer, Jacques TORNAY, Jean-Claude WALTER, Karlheinz KLUGE, Liliane BERTOLINI, Marie-Jeanne LANGROGNET, Jean-Christophe MEYER , Hans-Guido KLINKNER, Gisèle ARGAUD, Laurent BAYART, Erik VACQUIER- NEMORIN.

Pour plus d'informations, le lien c'est ICI...

Ta voix seulement...


Ta voix seulement
les allées borgnes, les parcs
fixés au ciel, sur la terre
ta voix. La robe
des arbres blancs dans
le souvenir. Que fait
ce qui a pour habitude
de passer entre les branches
et d’ignorer
ta voix plus vaste
que ce modique point d’attente.

Avec Möbius



Fais le calcul à l’aide de la formule
qui donne la surface d’une aire

où tu te promènes et constates

qu’il n’y a qu’une face, dans le nœud
de l’attente. La mathématique

est désarmante et te laisse seul sur le bord.


Le ruban de l'attente (vaine), expliqué Ici.

Il y a...



Laisse donc parler le puits
par où reviennent ceux qui ont un langage

dans le reflet si tu le vois
dans le noir.

Il y a ce corps inepte à tout regret
une image flottée – peut-être

ton visage si tu te penches davantage
pour voir. Certes, l’eau grossit les traits

de la figure des choses


Leçons


1.

Il a plu, mais à l’intérieur la vie n’ a pas cessé, avec ses devoirs d’école et de famille et l’oiseau jaune qui siffle toujours un été.

Il doit faire froid, derrière les carreaux, juste devant le chaud de la vie qui s’ébroue comme un jeune animal qui nous est donné d’attraper si nous renonçons à nous-mêmes.

 

2.

Un temps, l’existence a été sur le point de rompre tant elle a rétréci. Sur elle se sont posées des formes que l’œil ne percevait jamais comme des oiseaux. Ou alors, elles avaient la couleur du corps étroit par lequel nous passâmes, étirés par les faits et gestes d’un seul jour tenu par la douleur. Ou alors, elle avaient l’allure de nos volontés migratrices qui d’un coup survolaient quelque détroit décidément sans profil.

 

Bonheur


Tu es sur le point d’avaler,

consentante, ce petit bonbon rond

fabriqué dans les laboratoires sis à la frontière

du bonheur. Les effets secondaires sont inconnus,

la posologie d’une prose pour érudits : tous ces

maux dont tu souffres pendant que tu cherches

à enfoncer davantage cette écharde dans un corps

encore rempli d’incertitudes.