Réalité

trois fruits sur la table
le tout à l'esprit sans
que les choses soient prononcées
mais connues d'un solitaire
qu'est le lieu dans un autre.

Roue

Dans l'air bruyant, le chantier de fin de vie
les chevaux ont l'oreille rouge, la roue
les fait tourner pendant que d'autres montent
le long des barres d'aluminium.
Les chevaux ont les narines ouvertes,
blancs comme l'hiver mécanique.
Je regarde les choses de bois et les animaux
hennissant de rire et tous les temps réunis
sont pur mensonge. Le futur n'est pas 
un point abandonné puis retrouvé.

A l'index, numéro 27.


Un « dossier autour d'Yves Martin » : Jean-Marc Couvé, André Duprat, Werner Lambersy, André Prodhomme, Jean-Michel Robert, Jean-Claude Tardif et François Vignes.

Avec, également, Luis Benitez, Hervé Delabarre, Philippe Delouche, Fabrice Farre, Alhama Garcia Aznar, Emmanuel Golfin, Florent Jakubowicz, Claire Lajus, Marie Laugery, Gérard Lemaire, Fabien Marquet, Fabrice Marzuolo, Jean-Jacques Nuel, Jacques NunesTeodoro, Christophe Petit, Jeanpyer Poëls, Joseph Pommier, Florentine Rey, Claire Sicard Dumay.


« Montrés du doigt », par Jean Chatard, Michel Cossec et Jean-Marc Couvé.

Terre de femmes, octobre 2014.

Avec : Georges Braque (par Georges Limbour), Christian Garcin, Issa Makhlouf, Claude Louis-Combet, Jacques Moulin, Vera Pavlova, Christophe Grossi, Allan Ginsberg, Heather Dohollau, Jean-Claude Pirotte, François-Xavier Maigre, Anne Sexton, Sylvie Brès,  Fabrice Farre, Max de Carvalho, Alejandra Pizarnik, Martine-Gabrielle Konorski, Christine Bloyet, Jean-Pierre Chambon, Michaël Bishop, Anne-Marie Albiach, Eugenio De Signoribus.

Le détail se trouve ici.

Neuf heures moins le quart

Le matin tourne en boule
l'été touche à l'automne
dans nos peignoirs sans motifs
à neuf heures moins le quart
le café ne se sucre pas
la cuiller tinte, l'alarme
intime nos regards
c'est en heures que nous
nous connaissons. En année
nous serions des graines dans le vent. Sur
le bord de la tasse le café trace un serpent :
il glisse quand remonte la pomme d'Adam.
C'est un matin où nous craignons l'adjectif.

Journal de mes paysages, 2.

Le numéro 2 de la revue Créatures.

Direction : Alexandre Blin.


THÉÂTRE : Alexandre  Koutchevsky, Ronan Mancec,Franck Landerbal et Alexis Fichet. POÉSIE : Rodrigue Lavallé,  Ana  Minski, Perrin  Langda, Émilien Chesnot,  Madeleine Dorn,  Fabrice Farre et Jean-Marc Gougeon. RÉCIT : Julien Noël, Isabelle Guilloteau, Christophe Esnault, Marie Pontacq et
Yann Ricordel-Healy.

ILLE

Il aurait pu y avoir des chevaux
et une écume claire au regard du jour
des ciels tombés et liquides
et la course jusqu’à la plage
eût été celle donnée non pas par la mer
car la raison y est opposée mais par
la folie épileptique de n’avoir pu éviter
ton naufrage silencieux
Robinsone, déjà, ton radeau obstiné
ne pouvait résister longtemps malgré
mon optimisme à faire de tes jours
un seul vendredi asservi

In Décharge, 152.


Mange Monde, n°7.

Reçu, le beau numéro 7 de la revue Mange Monde.

Paul Sanda et Serge Torri sont les Directeurs de Publication; Vincent Calvet est le Rédacteur en chef et Rafael de Surtis est l'Assistante de Rédaction. Qu'ils soient remerciés.

Voici le sommaire :

Page 5 - En mémoire de Roxane (1960-2014) : Jehan Van Langhenhoven.
Page 9 - L'entretien : Pierre Soletti.
Couverture, quatrième de couverture, pp 36, 38 avec une présentation de l'auteur p. 83 - Œuvres plastiques : André Jolivet.
Page 25 - Hommage à Pierre Soletti : Julien Blaine, Bernard Bretonnière, Vincent Calvet, Fabrice Caravaca.
Page 31 - Regard sur... les Femmes-Poètes : Sylvie Brès, Irène Gayraud, Angèle Paoli, Sabine Huynh, Nicole Drano-Stamberg et Françoise Pelherbe.
Page 65 - Le second entretien : Pierre-Olivier Sanchez.
Page 85 - Créations actuelles : France Burghelle Rey, Stephan Juranics, Pierre-Jacques Briand, Rémy Soual, Fabrice Farre, Laurent Contamin, Rémy Boyer, Stéphane Causse et Jacques Vincent.

Bleu

La mer a gagné en bleu : c'est ainsi que je voudrais voir jusqu'à la nuit.
D'écaille en écaille germent quelques voiles blanches qui sont des visions pures.
Au delà de l'entrelacs des broussailles, le monde doit continuer. Mais aussitôt revenu au lieu que j'occupe, anonyme dans le paysage prompt à se consumer, j'habite une parcelle plus petite que moi, une ombre minuscule qui dessine l'étendue de laquelle je me détache singulièrement.


Extrait de La figure des choses, Éditions Henry, Coll « La main aux poètes », 2014. 

Faire

Je ne reviens jamais à la même heure
pour tromper ce qui doit arriver
sur la crête blanche
de l’heure du réveil.
Les murs sont identiques, la porte
s’est refermée à peine. Par elle
je passe, songeant à l’inhabitude,
aux contraires qui ne se touchent pas
à la parallèle qui ouvre le carré de ma chambre. 

Mange Monde,7.

The French Literary Review, n° 22.

Ont contribué à ce numéro : David Ball, Sharon Black, Eddie Castillon, Graham Chadwick, Kay Cotton, Tony Curtis, Russi Dordi, Scott Elder, Katherine Gallagher, Pauline Harrowell, Gill Hoare, David Kerridge, Sue Kindon, James MacManus, Helene Marks, Anne Mason, Doina Percival, Robert Pollard, Edmund Prestwich, Terry Quinn, Belinda Singleton, Alisa Velaj, Merryn Williams, Shirley Wright et Judith Wolton.

Lien : par ici
Nota : les deux auteurs qui ont publié en français, pour ce numéro, sont Barbara Dordi et Fabrice Farre.

Levure n° 8, novembre 2013.

SOMMAIRE EN IMAGE AU DELÀ DES FRONTIÈRES.

Copier/coller : https://www.youtube.com/watch?v=kzbLscuF5gE#t=11

Après l'hiver

Nous franchissons le Gier, le bus est un corps étranger qui frôle les branches basses, car nous sommes de la terre. Le jour ardent élude le manteau blanc que nous avons vu mourir simplement en le fixant. La mécanique s'arrête, après avoir ronflé le long des remparts au fort dénivelé. Les portes s'ouvrent, le monde entre enfin, la forêt inconnue est une photographie dans ma poche intérieure gauche et bientôt au fond de ta boîte aux lettres. J'écris soudain que je poursuis ma route et que je t'oublie en descendant, pendant que les portes soupirent et que le moteur répond à l'étincelle.

Pays

Illustration :  Sophie Brassart
La solitude est un pays d'orange
au profil amer, aux arbres droits
annoncés dans l'air avant d'apparaître.
On repart sans cesse du caillou à fleur de terre,
on s'enfonce souvent dans la parole insulaire
avec le mot retenu
pour quelqu'un qui n'est pas encore arrivé.

Dans Ligne, éditions La Porte, 2016.

Il y a

Laisse donc parler le puits
par où reviennent ceux qui ont un langage

dans le reflet si tu le vois
dans le noir.

Il y a ce corps inepte à tout regret
une image flottée – peut-être

ton visage si tu te penches davantage
pour voir. Certes, l’eau grossit les traits

de la figure des choses



Extrait de La figure des choses, Henry, octobre 2014.

Quelqu'un

Je n'ai pas vu que tu descendais
dans la cour, les bras chargés de ce fardeau
invisible.
Le mien est de ne pas avoir entendu
tes pas sur la terre, mais
c'est de ce caillou où tu te heurtes
à ton retour que je sortirai
comme germe la pensée de quelqu'un,
pendant la difficulté.

"Le chasseur immobile" aux éditions Le Citron Gare.



Avec les magnifiques illustrations de Sophie Brassart, LE CHASSEUR IMMOBILE,  cinquième titre des éditions  Le Citron Gare




" Elle serait aussi inhabituelle
que cette nuit trop connue : peut-être
l'attente - cette obsession à croire "

Extrait de "Guetteur".

63 pages, 9 illustrations.
10 euros.

L'Anthologie de Ghislaine Lejard



J'ai le plaisir et le privilège d'être en compagnie de Brigitte Maillard, Roland Nadaus, Ksa Han, Béatrice Libert, Bernard Grasset, Denis Heudré, Sylvie Méheut, Marie-José Christien, Sanda Voïca, Michel-Xavier Fressard, Alain Richer, Alain Cotten, Pierre Tanguy, Olivier Cousin, Jean-Paul Mestas, Mireille Le Liboux, Jean-Albert Guénégan, Eve Cazala, Jean-Vincent Verdonnet, Jean-Luc Pouliquen, Claude Cailleau, Jean Joubert, Jean-Claude Albert Coiffard, Claude Serreau, Frédéric-Jacques Temple, Nicole Laurent-Catrice, Arlette Chaumorcel, Marco Mondi, Jacques Basse, Bernard Perroy, Martine Morillon-Carreau, Emmanuelle Le Cam, Eric Simon, Christian Bulting, Emmanuel Hiriart et Jean-Claude Coiffard.

Un grand merci à Ghislaine Lejard. Je vous invite à découvrir son site Poésie-Collage.

Padre

18 mai


Les vitres sont bien celles qui nous
séparent du monde. De ce côté
tu meurs. De l'autre, serai-je assez vivant
pour parvenir à accepter une telle dérive des êtres
l'absence aux rives du détroit
que ne relie aucun bateau même imaginé.

Extrait de Les chants sans voix, Encres vives, 2012.
Poème repris sur lesmotsplusgrandsquenous et le blog Art et tique et pique – mots et gammes.

Tu me demandes...

Tu me demandes l'heure qu'il est.
Ton visage trop mûr froisse,
ta bouche est un rond d'ignorance,
tes mains tremblantes sont celles
que j'ai vues dans les chambres blanches
au nom de paradis menteur.
Tes yeux ne renvoient plus que mon visage,
ils se sont donc vidés de tout nuage,
de cette imperfection un rien céleste pour qu'elle soit humaine.
A t'observer, peu importe s'il est deux ou trois heures.
Nous sommes alors davantage prolongés par l'hébétude,
tout à coup si éloignés de la question.

Nulle part

La fin d’une route conduit
toujours en dehors du monde.
Le ton de ta voix s’obscurcit,
nul ne nous sera d’aucun secours.
La rivière passe en contrebas,
nous ne la voyons pas. Elle emporte
nos paroles et l’espoir d’exister
est une tentative pour essayer de les rattraper.

Le chasseur immobile, aux éditions Le Citron Gare, juin 2014.

Bain

L'eau est peu profonde, on a pied très loin de la rive. Ici, le lieu n'est à personne et encore moins aux bruits.
Ici, le monde s'écarte.
On pourrait flotter longtemps dans cet espace qui a vu naître quelques milliards d'individus. On pourrait s'assourdir en jouant à bord d'oreille comme une branche morte. On laisserait la lumière aux autres, car en ce lieu qui n'en est pas un, le noir gagne en clarté dans l'énigme du corps reflété qui agirait selon sa volonté ou le mépris de toute décision.
Depuis l'autre bord, on vous appelle. Pourquoi revenir – rentrer, implorent les voix du devoir (...)

La suite dans La figure des choses, aux éditions Henry, en octobre 2014.

Phoenix, le numéro 13 :

Dossier Jeanine Baude.
(textes inédits et contributions de Joëlle Gardes, John Stout, Michaël Bishop, Marie-Claire Bancquart, Jacqueline Michel, Marcel Migozzi, Joël-Claude Meffre, Bruno Doucey). Partage des voix : Poèmes de Gabrielle Althen, Philippe Leuckx, Fabrice Farre, Catherine Bédarida, Nasser-Edine Boucheqif, Hervé Martin, Thomas Vercruysse, Jacques Allemand, Salah Al Hamdani, Myrto Gondicas. Mémoire : Jean-Vincent Verdonnet. Voix d’ailleurs : Shizue Ogawa (Japon, bilingue). Chronique de Jean Blot. Sporades : textes de Jean-Luc Giribone et Serge Airoldi. Arts : Chroniques d'Henri Raynal, Jacques Lucchesi et Gérard Boudes. Notes de Lecture : par Daniel Aranjo, Olivier Bastide, François Bordes, Karim De Broucker, Joëlle Gardes, Myrto Gondicas, Charles Jacquier, Guillaume Louet, Liliane Limonchik, Jacques Lucchesi, Marie-Christine Masset, Claire Vajou, André Ughetto.

Pour Plus de détails...


Route

A huit heures, l'accordeur
se penche sur l'instrument droit.
Il entend les sons, entre eux nous vivons,
mais il ne voit pas qui nous sommes,
derrière ses lunettes noires - il est aveugle. Il a pourtant su
venir jusqu'ici, il ne doutera pas de l'argent
que nous lui donnerons. Il accordera
notre quotidien pour un temps et ignorera
que nous ne sommes ni musiciens
ni propriétaires du piano : nous en avons rêvé
comme on souhaite vivre serein ou ne jamais mourir.


Il y a

Laisse donc parler le puits
par où reviennent ceux qui ont un langage

dans le reflet si tu le vois
dans le noir.

Il y a ce corps inepte à tout regret
une image flottée – peut-être

ton visage si tu te penches davantage
pour voir. Certes, l’eau grossit les traits

de la figure des choses

Les Carnets d'Eucharis, carnet n° 2.

REDACTION ET CONCEPTION : Nathalie RIERA.

COMITE DE REDACTION : Nathalie Riera, Claude Darras, Richard Skryzak, Tristan Hordé, Angèle Paoli, Claude Minière, Sabine Péglion et Gérard Larnac.

SOMMAIRE DETAILLE : ici-même. 


La revue 17 secondes, numéro 4.


Les textes, par ordre alphabétique, sont de :

Elodie Agnesotti, Nikolas Akileus, Barbara Albeck, Emanuel Campo, Agnès Cognée, Fabrice Farre, Denis Hamel, Jon Ho, Benjamin Hopin, Jack Laborde, Sophie Lagal, Cédric Landri, Olivier Le Lohé, Florence Malléus, Michel Meyer, Gauthier Nabavian, Jérôme Pergolesi, Dominique Saint-Dizier, William Walter.

 
Les images, de :

Sabrina-Ambre Biller, Sophie Brassart, Louise Castelmio, Alice Hugues, Gérard Kerdanoff, Virginia Mons, Christine Spadaccini.

Nuit


La nuit a deux visages. L’un où nos mots

murmurés se perdent, l’autre où nos têtes

s’ébouriffent dans le bleu fuyant des nuages.

Ma main touche le tissu qui t’enveloppe

mais c’est un secret. Seule la lueur

est déclarée à la hauteur et j’y trouve tes yeux.

Facile


Il serait tellement facile

de te retrouver dans ce lieu

qui ne tient qu’au hasard.

C’est sans doute l’endroit

que j’imagine mais qui

n’existe guère. Pour le nommer

il me faudrait connaître

la géographie soudaine qui revient

à celui qui sait s’orienter sans jamais douter.

Ainsi, l’idée de te revoir attise

le désir d’une appartenance, le feu

d’un fantasme à la mesure de ma désorientation,

la cendre d’une banale rencontre à la mesure

de qui n’écrit pas s’il sait où aller quand il veut.

Les dix ans de Traction-brabant.

Au sommaire du numéro 55 de la revue dirigée par Patrice Maltaverne :

Laurent BOUISSET, Samaël STEINER, Marie DE VEZINS, Chloé CHARPENTIER, Denis PARMAIN, Michel TALON, Olivier MILLOT, Xavier FRANDON, Jacques LUCCHESI, Jean AZAREL, Serge VELLASCAUX, Pascal BATARD, Frédéric PERROT, Charles DESAILLY, Sylvain JAZDZEWSKI, Morgan RIET, Fabrice FARRE, Cédric LANDRI, Alain Jean MACE, Patricia PAUL, Annie HUPE, Salvatore SANFILIPPO, Jacques CAUDA  et Jean-Marc THEVENIN.
 
 
 
Illustrations, images et photographies de : Pierre VELLA, Jean-Marc COUVE, Mathilde LARTIGE, Denis PARMAIN, Michel TALON, Marc TISON, Cathy GARCIA, Alain MINIGHETTI, Jean-Marie ALFROY, Claude VERCEY, Michelle CAUSSAT, Alain SAGAULT, Chloé CHARPENTIER, Patrice VIGUES, Henri CACHAU et Jacques CAUDA.
 

Contre


Le mur se porte garant

de l’espace clos, s’il retient

l’ombre. L’été grimpe aux

arbres. Des gens parlent :

j’entends des éclats dans

les feuilles du vent. Je me

suis toujours dispensé d’y voir

des visages, contre la haie,

à la faveur d’un jour sans figure.
 

Mediterraneo


PHOTOS : FLORIAN TOMASINI
Le soleil brûle encore, le dehors se retourne
comme une peau. Les ombres qui passent
aux vitres sont les êtres qui ont renoncé à entrer,
ils ne quittent pas leur terre, le silence les recouvrira.

Les fleurs de la tapisserie consument dans
leurs ramages les couleurs de l’incendie.
Est-ce ainsi le dernier jour lorsque la porte
s’évapore et qu’il y a du bruit derrière les murs.