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Affichage des articles du mai, 2014

Padre

18 mai
Les vitres sont bien celles qui nous séparent du monde. De ce côté tu meurs. De l'autre, serai-je assez vivant pour parvenir à accepter une telle dérive des êtres l'absence aux rives du détroit que ne relie aucun bateau même imaginé.

Extrait de Les chants sans voix, Encres vives, 2012. Poème repris sur lesmotsplusgrandsquenous et le blog Art et tique et pique – mots et gammes.

Tu me demandes...

Tu me demandes l'heure qu'il est. Ton visage trop mûr froisse, ta bouche est un rond d'ignorance, tes mains tremblantes sont celles que j'ai vues dans les chambres blanches au nom de paradis menteur. Tes yeux ne renvoient plus que mon visage, ils se sont donc vidés de tout nuage, de cette imperfection un rien céleste pour qu'elle soit humaine. A t'observer, peu importe s'il est deux ou trois heures. Nous sommes alors davantage prolongés par l'hébétude, tout à coup si éloignés de la question.

Nulle part

La fin d’une route conduit toujours en dehors du monde. Le ton de ta voix s’obscurcit, nul ne nous sera d’aucun secours. La rivière passe en contrebas, nous ne la voyons pas. Elle emporte nos paroles et l’espoir d’exister est une tentative pour essayer de les rattraper.
Le chasseur immobile, aux éditions Le Citron Gare, juin 2014.