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Affichage des articles du avril, 2015

Comptes

Sur le site « Le Radeau des Médusés » créé par Florence Noël et à découvrir, en hommage aux migrants   >>>.



Il ne manque plus que mille mille euros mille ajoutés aux milliers de plus et cédés par les dizaines de villages qui de la terre nourrissent cent rêves. Deux, trois fois mille mètres jusqu'à la terre nouvelle, une côte, un bras dans la mer surenchérie qui gonfle toutes les dix secondes, cinq fois dix fois deux se trouvent sur la barque de deux fois quelques mètres qu'on ne compte pas. Millions les regardent les yeux fermés semblables à une mer sans fond de plusieurs millions d'années où d'innombrables milliers lancent plusieurs centaines de soupirs mais de quel côté sont-ils ceux qui fixent la mer et comptent sur le destin au visage humain qui ne porte que le chiffre un.

Nous sommes passés...

Nous sommes passés un jour d'égarement entre le magnolia et le chant des abeilles le cœur à l'arrêt -l'était-il- les yeux fixés sur la petite porte de l'enclos pris du vertige qui nous ôtait de la terre. A mi-voix sans le dire nous revenions aux considérations qui nous faisaient vieillir : la mesure de la propriété sa surface le nombre incalculable de pas l'amour intangible semblable à la forme de la fleur et les ailes des insectes aussi légères que la mort avec son mètre butineur de toi à moi


Paru dans la revue Europe, novembre-décembre 2015.

L'effraie...

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L'effraie regagne le tronc le jardin se retourne Sur la terre à la lumière des ombres zèbres les cailloux se détachent puis se remplissent les flaques sont sèches tout à coup de l'irrégularité de la semaine les lacs portent leur fond où erre le regard quel que soit le jour promis Au pied des ceintures sombres vues sans sommeil poussent ces haies citadines dont les feuilles donnent déjà l'étendue d'une macule c'est en elle que s'étend sans le corps la conscience de rester


Dans la revue Europe, n°1039-1040 (novembre-décembre 2015).


Trois poèmes de "Le chasseur immobile".

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Forte saison
Trois heures déjà que je me suis levé que les masses noires peinent à devenir des toits. Au pied des murs où s'accrochent enfin les escaliers maladroits j'ai parlé avec toi il y a quelques nuits tentant de reconnaître ta présence avec des mots qui t'auraient fait rire dans ces minutes soufflées par l'approche de la forte saison.


Pendant
Dans le temps qui roule sous les parasols du marché parmi les traits de foule rompus sur les quais à errer à frôler la nervure métallique au-dessus de la gare, ici même où viennent où partent les ombres vues à travers les vitres, nous cherchons un moyen de transport. Nous ne resterons pas quelle heure est-il quel moyen nous emportera en dehors


Fabrique
Tu me parles : c'est le bruit de tes talons sur le carrelage. A chaque rainure du sol que je fixe par le carré de l'habitude je dialogue avec la nervure du dessin issu d'une usine lointaine, respire avec le fabriquant haletant et reste de faïence jusqu'à ce que c…