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Affichage des articles du août, 2015

Dérouter

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Nous allons rouler jusqu'à la nuit la plus proche, nous déposséder de ce qui rend nos maisons sinistres. Nous trouverons nos peines animales attachées un temps puis libérées en nous pendant que nous avançons. Nous n'appartenons plus à aucune ville, à aucun de nos amis fidèles, nous regagnons la nuit qui attend entre les luminaires dressés comme des vigies au bord d'une frontière. Nous ne rentrerons plus, nous serons plus humains un jour ou l'autre. Avec le son de la radio dans l'air frais et nos visages qui durcissent, nous allons entrer dans la nuit. Le jour viendra comme un souffle éclairé donné par une allumette dans nos mains loin du volant.


Extrait de « Nous, les choses... », un ensemble de textes paru dans Les Carnets d'Eucharis (version papier), n°2, février 2014.



















Rentrer

Je rentre : j'ai fini de sortir d'accabler mon sort aux lignes de bus, seuls méridiens de la perspective. L'imaginaire mélopée de la radio traverse ma cuisine, loin de la ville, loin des murs dans ce lieu de quelques centimètres carrés où l'itinérant reste parfois attentif à ce qui ne se passe pas.

Heure creuse

A cette heure creuse l'énergie ne coûte que le tiers du plein. La joie de vivre à moindre frais éclaire un instant ce qui s'agite. Le deux pièces d'une mansarde est d'un chant citadin et l'on ne se voit qu'en des instants de crise lorsque le mot
est bradé et la peine reléguée.

Extrait de Poupée russe.

Dans la revue Acantilados de papel

Selección poética de Fabrice Farre
1. Sin título Dime lo que piensas (me pregunto), mientras se ilumina la Pirámide. La memoria no es ni un museo,pero la visito cada día en cada hora; no tiene cuadros tampoco, pero sigo viendo las líneas de esas caras, en las del tiempo. Pues, el vidrio claro en el cielo de París tiene toda la voluntad de erguirse en tu vida, y hablo sin abrir la boca (mirándote), hijo.
2. Tú, ciudad. El nombre que tienes, el que perdí bajo un bateau-mouche,  la noche que llevas en los lomos de piedra romana, la hora que busco en esa edad de diez por dos más cinco (creo). El hombre pasa, es el que fui por supuesto, subiendo la calle Genova de Chantilly, donde una loca toca el acordeón, diciendo y repitiendo que iba a huir el que está en su casa pero no el que vive ahora, en este dormitorio donde no hay ni agua, ni barco, sino la canción del nombre exacto del descamino. 

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La tasse est vide et son fond oblique, dans le triangle de la table en perspective je suis habillé de cette chair aux bras nus comme elle.                                        
Nos têtes s'enfouissent l'une dans l'autre, nos cheveux pratiquent la fusion du noir et pour parler il faut quitter le tableau, faire revenir à eux les objets qui se sont oubliés par amour.

Osiris n° 80

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43 années (1972-2015). Etats-Unis.

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