La revue AaOo

Thème du numéro huit : « Malice et vecteurs ».


« AaOo prend la suite de la revue Sang d'Encre qui, au bout de treize ans, nous a encouragés à donner une nouvelle mouture de cet objet éditorial. Il se trouve que l'image partage une frontière de plus en plus floue avec le texte et pourtant chacun reste ce qu'il est. Le travail sur le texte-image ou l'image-texte nous mène désormais...au travail sonore. Il nous est apparu (et cela exactement comme avoir une apparition) qu'une image sonore partageait elle aussi une frontière floue avec l'écrit. AaOo voudrait parcourir cette résonance silencieuse qui se joue entre l'image, le texte et le son. AaOo se déploie dans le voir, le lire et le dire ».


Le lien vers le site de la revue











Les participants : Claude Jenmart et Jordi Cerda, Marine Giacomi, Maya Paules, Mélissa Tresse, Nylso, Olga Mathey, Pascaline, Roméo Julien, Jane Khan, Remedact, Alban de Tournadre, Judith Goyaud-Schiltz, Clément Gramsch, Fabrice Farre, Philippe Minot, Georges Mérillon, Khalid El Morabethi, Luc Soriano, Patrick Beaucamps, Nestor Travers et Serge Muscat.



Où habite Suzanne

Dans l'orangeraie où habite Suzanne
il s'arrête pour fixer le fruit qui ne tombe pas.
Il faut attendre
le bon moment du temps humain.
La croûte solaire
lui rappelle que les objets sont ceux
du réel réfutant la main l’œil
le jardin ou la pensée de Suzanne.



Silence

Tu ne me donnes de la nuit
qu'un signal semblable à celui
de la neige éclairante sur les toits.
J'entends le bruit des vêtements
qui se déplient. Une autre rumeur
est celle des mots que nous avions
échangés sur le pont au-dessus de
la ville déserte. Je n'entends en réalité
que le silence qui tinte comme une cloche
entre les mains de celle que je cherche
qui te ressemble mais qui ne se retourne
que lorsque son image disparaît.


Poème XXI, in Les chants sans voix, Encres Vives, Coll. Encres Blanches, 2012.


Le numéro 12 de Littérales.






La revue La Passe n° 22


« L'entrebaillée », par Philippe Blondeau, « A reculons je marcherai », par Ariel Spiegler, « Renoncement », François Ibanez, « Impasse du chêne creux », Christophe Esnault, « Cela laissera des traces », Alain Marc, « Mon analyste reçoit dans une impasse », Julien Boutreux, « Impasses de la pensée », Frédéric Dechaux, « Impasse », Werner Lambersy, « Impasse routière », Nicolas Grenier, « Il », par Philippe Jaffeux et Carole Carcillo Mesrobian, « Passe passe passera », Patrick Le Divenah, « En passer par l'impasse », par Tristan Felix, « Théâtre d'ombres : deux actes en parole », Philippe Jaffeux et Tristan Felix, « De cenizas/De cendres », par Alejandro Calderón et Isabelle Voisin, « L'agonie a du bon aujourd'hui », Xavier Frandon, « Agonie », Ivan de Monbrison, « Notes pour ouvrir l'impasse », Claude Vercey, « Dans ma course affolée à travers le Parnasse », Arthur Dauzon, « Lunes », dessins de Tristan Felix, « Passes, tresses, traces », Tristan Felix et Jean-Jacques Dorio, « Fidélité », par Christine Monot, « Le rat et le chat – Un clochard », Xavier Frandon », « Terminer enfin le cercle », Fabrice Farre, « Nous voilà comme au fond d'un puits... Solution de continuité », Paul Dalmas-Alfonsi et, enfin, les dessins et mots « chimères », de Tristan Felix.


Extrait de la revue La Passe, n°22 (lien)

Saisi

La nouvelle touchait bien plus
que les corps. La lumière grumeleuse
montait sur le fil à linge tendu entre
les cornouillers dont on fait les manches
du travail, jusque dans les draps
que tu avais accrochés pour distraire l'absence.
Les chemins, hésitants contre les mottes
ou étirés dans le vague, murmuraient encore
sombres et l'horizon moins lointain soudain
arpentait le temps où l'existence
prenait forme, enfin. Resserré, le dehors
tenait dans une poche ou une boîte de joie
que l'on remonte parfois lorsque le ressort
achève sa course.



Dans Poésie/première, n°55 – mars 2013.

Fil

Tu sauras que je pense à toi
que je t'écris sans même rédiger
une seule ligne de vie
à chaque pouls ressenti, jusqu'aux dernières
capillarités du monde, tu m'entendras de l'intérieur.