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Affichage des articles du octobre, 2015

Le pullman

Elle disait le pullman, cet animal mécanique et jaune qui arrivait en klaxonnant ; celui qui repartait dans la roche percée par le ciel pour rejoindre les bruits de la ville, tout chargé de visages qui parlaient le même langage, de l’autre côté où le soleil n’a pas de trêve. Quand au retour Andrea en descendait - de cette ville inconnue assise froissée à ses côtés sur un siège du pullman - la vie et l’enfance meilleure et le désordre d’une joie loin de tout, étaient en vrac dans ses sacs de toile qu’il ouvrait généreusement. C’étaient les mêmes sacs que les ouvriers gardaient jalousement sous le bras pour aller travailler. Un jour nous étions tous partis par le pullman et elle aussi. Elle répète : « le pullman, le pullman ». Oui, je l'entends. C'est une voix mécanique et jaune de nulle part, un réflexe au bonheur.
Publié en 2011. Modifié, depuis.

La revue EUROPE, numéro 1039-1040 de novembre-décembre 2015

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Numéro consacré aux frères GONCOURT, à JULES RENARD et à REMY DE GOURMONT.

En ce qui concerne le « cahier de création » de ce numéro, les auteurs sont : Giorgio SCERBANENCO, Walter HASENCLEVER, Franz SCHUH, Margo BERDESHEVSKY et Fabrice FARRE.



Sommaire complet (ici)

Avec Möbius

Fais le calcul à l'aide de la formule qui donne la surface d'une aire où tu te promènes et constates qu'il n'y a qu'une face, dans le nœud de l'attente. La mathématique
est désarmante et te laisse seul sur le bord.

La figure des choses, éd. Henry, octobre 2014.

FPM, revue de la parole contemporaine, n°7

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Illustrations : Joë Fernandez
Ouverture : Philippe Jaffeux et Carole Carcillo Mesrobian
Permanence : Jean-Claude Goiri Edith Masson



Libres courts :
Anna Jouy Catherine Ferrari Cerbère Chloé Charpentier Fabrice Farre Gérard Leyzieux                                                               Xavier Frandon Patrick Boutin Elisabeth Goyet Richard Taillefer Aline Royer




Braquages : Jacques Jean Sicard Georges Thiéry Murielle Compère-Demarcy Christophe Sanchez Arnaud Georges Serge Marcel Roche


Insolite

Nous sommes ensemble quatre moins cinq au bord de la Loire. Il pourrait s'agir d'une heure précise au bout des branches misérables. Il serait probable que nous nous trompions, bégayant dans le sens de la marche. Perdus. En vérité, nous sommes moins d'un, une décimale en un temps par excès. Quatre sont ceux que nous aurions pu être. Cinq est la certitude que nous avons échoué.


Concerto pour marées et silence, revue. 2015, numéro 8.
La Passe, n°22, automne-hiver 2015

Sortir

Je sors de chez moi, la caméra
subjective mord sur la barrière
de l'escalier, plus haut. Je
sors lavé, conscient que je
vais au rendez-vous, comme promis.
Le plan me montre jusqu'à la taille,
américain dans mon allure,
peut-être, mais je ne parle pas l'anglais
si ce n'est la langue de l'inquiétude
lorsque je me demande si je saurai te
fixer sur la place qui bouge, ce jour
de marché. Puis mes pas hésitent
on voit mes chaussures sales, les jambes
des passants, le monde du bas. La caméra
sonde la terre, elle est paranoïa.