Haie

Filles vertes et discrètes hasardeuses au vent d'Est
vous trompez l'horizon du jardin arpenté une vie
cheveux noirs semblables à ceux de qui l'on espère
bourrasque tendre qui étreint le corps et le restitue
à son pays calme, un printemps de plus passe par
le blanc neigeux, sans doute une patience éprouvée.
Vous avez après tous les noms qui vous sont donnés
celui que connaît quiconque et qui ressemble à la haie.

Nous sommes passés...

Nous sommes passés un jour d'égarement
entre le magnolia et le chant des abeilles
le cœur à l'arrêt -l'était-il- les yeux fixés sur
la petite porte de l'enclos pris du vertige qui nous ôtait
de la terre. A mi-voix sans le dire nous revenions
aux considérations qui nous faisaient vieillir :
la mesure de la propriété sa surface le nombre incalculable
de pas l'amour intangible semblable à la forme
de la fleur et les ailes des insectes aussi légères
que la mort avec son mètre butineur de toi à moi


VIVRE

La terre s'étire quand passe le percheron
dans les sillons le monde ensemble se sépare
les hommes d'ici sont d'un exil à venir.
Moi je me désespère de ne voir germer qu'un faisceau
de lignes noires et des bleus de travail, orphelin de terre.



Poème


Le corps est ouvert à la fracture du jour

par le volet entrouvert qui veille à l'intérieur,


il en est ainsi de la paupière qui régule la lumière.


Le corps est dissimulé sous la couverture épaisse


faite de ce coton blanc même pendant la nuit,


il s'efface à hauteur du genou, la mort est-elle


si petite, la maison entre-t-elle dans le monde.


La vie entière a-t-elle assez de place entre les murs.